La forme de l’écu est arbitraire : triangulaire au Moyen-âge, il a reçu dans la
suite des contours variés et même très extraordinaires. Un écu bien proportionné
doit avoir sept parties de largeur sur huit de hauteur.
La surface de l’écu dans laquelle se trouvent les figures est appelée le
champ. Ce champ peut être divisé en deux ou plusieurs
partitions au moyen de lignes tirées en sens divers. Ainsi on a : le
parti,
le coupé, le
tranché, le taillé.
La combinaison de ces lignes produit d’autres divisions, dites
répartitions. Ainsi la ligne verticale et la ligne horizontal forment
l’écartelé ; chacun des compartiments ainsi formés s’appelle un
quartier. La combinaison des deux lignes diagonales produit
l’écartelé en sautoir.
Un écu peut avoir plus de quatre quartiers : c’est alors le résultat de l’emploi
d’un plus grand nombre de lignes. Un trait horizontal et deux traites verticaux,
ou bien un seul trait vertical et deux traits horizontaux produisent six quartiers.
On dit alors en termes héraldiques : « Parti de deux traits, coupé d’un autre qui
fait six quartiers » ou « parti d’un trait, coupé de deux autres qui font six quartiers
». Et ainsi de suite pour un plus grand nombre de quartiers.
La réunion du parti, du coupé, du tranché et du taillé produit le
gironné ordinaire. Le gironné peut avoir plus ou moins de huit
girons ou compartiments, ce qui dépend de l’emploi d’un nombre de lignes
plus grand ou plus petit. Le gironné qui est le résultat d’un nombre de ligne impair
se dit mal gironné.
Les couleurs en armoirie s’appellent émaux
et sont indiquées en gravure par des hachures de diverses sortes.
Lesdits émaux consistent en :
deux métaux : or, représenté
par des points et argent représenté par
une surface unie sans aucune hachure.
quatre couleurs : gueules
ou rouge (traits verticaux), azur ou
bleu (traits horizontaux), sable ou noir
(lignes verticales et horizontales croisées),
sinople ou vert (lignes diagonales). On compte également quelquefois le
pourpre (lignes diagonales dans la direction
opposée à celle du sinople) et l’orangé (pour lequel il n’existe aucun système de
hachures généralement admis)
quelques fourrures : hermine,
qui est un champ d’argent semé de petites queues de sable,
vair, composé de pièces en forme de clochettes alternativement d’argent
et d’azur ; dans le contre-vair les pièces
sont opposées par leurs bases ; la contre-hermine
consiste en un champ de sable semé de petites queues d’argent.
Dans une grande quantité d’armoiries, surtout allemandes, on voit d’autres teintes
telles que : la couleur du sang, de feu, d’acier,
d’eau, de terre, la couleur cendrée, la
couleur brunâtre, la carnation ou couleur
du corps humain, la couleur
naturelle d’objet de toute sorte. Il n’y a pas de système universellement
adopté pour indiquer ces nuances en gravure au moyen de hachures déterminées.
Suivant les lois héraldiques, il faut que les meubles soient de couleur lorsque
le champ est de métal, ou qu’ils soient de métal lorsque le champ est de couleur.
Les exceptions à ces lois sont néanmoins très nombreuses. La pourpre et les fourrures
se mettent indifféremment sur métal ou sur couleur.
On peut les diviser en trois grandes catégories:
pièces héraldiques, figures héraldiques et figures ordinaires.
Les pièces héraldiques
sont formées par des traits qui presque toujours, parcourent le champ entier. Tels
sont : le chef, la fasce, le pal, la champagne, la bande, la barre, le la croix,
le sautoir, le chevron, le franc-quartier, le canton, la parle, la bordure, l’écusson
en abîme, etc.
Les anciens auteurs fixaient la hauteur ou la largeur des principales pièces héraldiques
à un tiers de l’écu, ce qui en fait des corps trop lourds. En leur donnant un quart
de la hauteur de l’écu, on obtient une meilleure proportion par rapport à la dimension
du champ.
On donne le nom de rebattements à des traits combinés de manière à produire une
multitude de divisions régulières qui couvrent tout l’écu, comme le palé, le fascé,
le bandé, l’échiqueté, le losangé, le fuselé, etc.
Au nombre des figures héraldiques se rangent les losanges, les macles,
les rustes, les fusées, les trèfles, les billettes, les besants et les tourteaux.
N.B : Les lignes qui forment les partitions et les figures héraldiques ne sont pas
toujours des lignes droites. Elles peuvent être ondées, entées, engrêlées, cannelées,
crénelées, bastillées, bretessées et contre-bretessées, denchées et dentelées, vivrées,
échancrées, écotées, nébulées ou nuagées, pignonnées, mortaisées, etc.
Les figures ordinaires subissent une division en figures:
a.naturelles : tout ce qui a été créé, hommes, animaux, astres,
météores, éléments, etc ;
b.artificielles : tout ce qui a été fait de main d’homme;
c.chimériques : les monstres, tels que sirènes, dragons,
griffons, licornes, aigles à tête de loup, hommes à tête d’oiseau, etc. ; etc. Souvent
ces monstres et même des animaux sont représentés à queue de poisson et se disent
alors marinés; ainsi on a des lions, griffons, licornes….marinés, etc.
Sous ce nom collectif de tout ce qui se place au-dessus de l’écu des armes, on comprend:
- le casque ou heaume,
-le cimier (les figures ou objets que l’on porte sur le casque),
- et les lambrequins (étoffes découpées qui voltigent autour du casque).
La brisure est un changement dans les
armoiries pour distinguer les branches d’une même famille entre elles. Les modes
de briser, en usage dans des temps et des pays différents, étaient de nature diverse.
On brisait :
par le changement de toutes pièces des armoiries en conservant les émaux des
armes originaires ;
par le changement des émaux en conservant les pièces ;
par l’augmentation ou la diminution du nombre des pièces ;
par le changement de la situation de quelque figure ;
par l’addition de pièces nouvelles ;
par un changement dans la forme des figures ;
par le changement du cimier.
Tous ces modes de briser tombèrent bientôt en désuétude, à cause de la grande confusion
qui en était le résultat. Seul, le cinquième mode qui consiste dans l’adjonction
d’une pièce peu importante telle qu’une étoile, une molette, une coquille, une quintefeuille,
un canton, qui n’altère pas considérablement l’armoirie, s’est longtemps maintenu;
cependant, même ce genre de brisure se borne aujourd’hui à l’addition d’un lambel
dans les armes de quelques maisons souveraines, et d’un croissant ou d’une étoile
dans celles de la haute noblesse britannique.
Ce sont les figures hors de l’écu, qui semblent le tenir. Les figures humaines s’appellent
Tenants, les animaux reçoivent le nom
de Supports. Lorsqu’un écu est tenu par
une figure humaine et un animal, on les nomme tous deux
Tenants.
Le Cri est l’ancien cri de guerre, inscrit
sur un ruban ou listel flottant au-dessus du cimier le cri n’était autre chose que
le simple nom de la famille ou bien de la maison dont elle était issue.
La Devise, bien plus commune que le cri, est généralement une sentence concise qui trouve
sa place sur un ruban au-dessous de l’écu.
La Légende est une sentence encore plus brève, qui se place sur un listel au-dessus du cimier.
Le Manteau n’est guère en usage que pour
y mettre des armes des familles princières. Le
Pavillon, espèce de baldaquin qui couronne le manteau, est exclusivement
réservé aux souverains.
A vrai dire, un écu couvert d’un émail tout uni et sans aucune figure, constitue
à lui seul une armoirie parfaite. On en trouva plusieurs exemples. Tous les autres
attributs que nous avons décrits contribuent à la diversité et au luxe d’une armoirie,
mais ils ne sont pas indispensables.
En langage héraldique la droite et la gauche s’appellent
dextre et senestre. Il faut faire attention que le côté dextre d’une
armoirie se trouve à la gauche du spectateur, et le côté senestre à sa droite. Cet
usage, établi de temps immémorial, provient de ce que les armoiries étaient brodées
sur la cotte d’armes et peintes sur le bouclier du chevalier. Dans cet ordre de
faits, le côté gauche de l’armoirie se trouvait exactement au côté gauche du chevalier,
et le côté droit à sa droite.
Dans la description des armoiries on se sert des termes :
du premier, du champ, du même, du second, du troisième, du dernier (sous-entendu
émail), etc...
pour éviter la répétition mal sonnante d’émaux déjà nommés. Ainsi, au lieu de dire
: « d’or au chevron de gueules chargé de trois étoiles d’or », on dira : « trois
étoiles du champ ; » Au lieu de dire : « palé d’or et d’azur, à la fasce d’or brochante
», on dira : « à la fasce du premier brochante. » Au lieu de dire : « d’or au chevron
de gueules, accompagné de trois étoiles de gueules », on dira : « trois étoiles
du même, »Etainsi
dans les autres cas.
La position ordinaire des animaux et objets est de regarder le flanc dextre de l’écu.
S’ils se tournent vers le flanc senestre ils sont contournés.
Presque toujours les figures sont disposées dans un ordre déterminé. Une
seule figure occupe l’abîme (centre) de l’écu
; trois figures sont posées 2 et 1, c'est-à-dire deux en chef et une
en pointe de l’écu ; quatre figures,
2 et 2 (aussi appelé cantonnés) ; cinq figures,
2, 1 et 2 (dit en sautoir) ; six figures,
3, 2 et 1 ; neuf figures, 3, 3 et 3 ;
dix figures, 1, 3, 2 et 1. Ces positions
sont tellement établies et acceptées qu’il n’est nécessaire d’exprimer que celles
qui en diffèrent.
Une pièce, accompagné
d’autres objets en nombre, est posée au centre
de l’écu ; ainsi, quand on dit : « d’argent à une losange de gueules,
accompagnée de trois fleur-de-lys d’azur », la losange occupe l’abîme ou le centre
de l’écu et les fleurs-de-lys sont posées 2 en chef et 1 en pointe. Lorsqu’un chevron
ou une fasce est accompagnée de trois objets, deux se posent en chef et le troisième
en pointe. Une fasce est-elle accompagnée de six figures, trois sont rangées sur
une même ligne en chef et les trois autres sur une même ligne en pointe.
Une fasce est-elle accompagnée de six figures, trois sont rangées sur une même ligne
en chef et les trois autres sur une même ligne en pointe. Deux, trois ou plus de
figures posées sur un chef ou sur une fasce sont rangées côte à côte, s’il n’est
indiqué autrement.
Le nombre ordinaire des pièces du fascé, palé,
bandé, barré, et chevronné est de six
; celui du burelé, vergetté, coticé en bande
ou en barre est de dix Nous n’indiquerons
que les nombres qui en diffèrent.
Si nous nous sommes abstenus de décrire la forme et d’indiquer le métal des casques
ou heaumes, c’est que les représentations d’une même armoirie faites à diverses
époques présentent des casques tout à fait différents. En général la casque actuel
est d’argent ou d’acier poli, grillé et liseré d’or, et doublé ou fourré d’une étoffe
rouge, quelques bleue, noire ou verte.
Mais ni sa forme, ni le nombre de ses grilles, ni la couleur de sa fourrure n’est
d’importance majeure ; tout cela changeait dans le cours des siècles, comme il apparait
dans l’étude des sceaux etc … De forme cylindrique, sans grâce aucune, aux 12è,
13è et 14è siècles, le casque obtint au 15è celle qu’on se plait à appeler, entièrement
à tort, heaume des nouveaux anoblis et qui est connu en allemand sous le nom de
Stechhelm, casque des joutes. Plus tard,
il prit la forme ronde qui nous lui connaissons, recevait des grilles en plus ou
moins grand nombre, selon la fantaisie des dessinateurs et les exigences de la mode
du temps, et s’appelait casque de tournoi.
La position du casque est également indifférente. Qu’il soit posé de front ou bien
taré de profil ou de trois quart, aucune signification réelle ne s’y attache. L’attitude
du cimier doit décider. Si le cimier est une figure vue de profil ou de trois quarts,
il faut mettre le casque de profil ou de trois quarts. Le casque étant mis de front,
le cimier devrait être placé de telle manière qu’on le verrait également de front.
Ainsi, un lion issant, vu de profil, exigerait un casque posé de profil ; si l’on
voudrait poser le casque de front, ledit lion devrait se présenter également de
front, c'est-à-dire vu de face, étendant ses pattes à dextre et à senestre. Ceci
explique pourquoi un vol, par exemple, est tantôt ouvert, tantôt fermé ou à l’antique.
Sous le premier aspect il ne peut se présenter que sur un casque posé de front ;
il prend le second sur un casque posé de profil, parce qu’alors l’une des ailes
est cachée par l’autre.
Le cimier doit reposer sur le casque, ce que comporte sa nature. Une étoile, par
exemple, qu’on porte en cimier et qui se balance dans les airs au-dessus du casque,
est une absurdité moderne, qui n’a jamais pu se produire aux temps où les armoiries
étaient une réalité. Un chevalier, qui eut porté une telle étoile, l’eut fait fixer
au sommet de son casque. Il était impossible de la faire voltiger dans l’espace
sans aucun soutien.
Les couronnes, indiquant le rang nobiliaire déterminé, sont inadmissibles sur les
casques. Le Moyen-âge ne les a pas con nues. Bien que l’usage des couronnes sur
les casques, d’abord entièrement inconnu même parmi la plus haute noblesse, devint
de plus en plus fréquent, on ne se servait que de la forme ordinaire,
Celle à trois fleurons. Dans les deux derniers siècles on a pris souvent une couronne
à cinq fleurons. Mais quand on veut se servir de la couronne, affectée spécialement
à quelque rang nobiliaire, on doit la poser immédiatement sur le bord supérieur
de l’écu, qui alors ne peut plus porter de casque ni de cimier. Il faut faire un
choix. Ou la couronne nobiliaire seule, ou le casque avec son cimier. Il est contraire
aux bonnes traditions héraldiques de porter à la fois et la couronne nobiliaire
et le casque. Ce serait comme qui entasserait deux couvre-chefs l’un sur l’autre.
Les armoiries subirent encore comme toute autre chose l’influence du milieu et de
l’époque où elles se produisirent et changèrent de forme selon l’esprit du temps.
C’est pourquoi il ne faut pas s’imaginer que tel type devra être considéré comme
inviolable et qu’il serait défendu d’y apporter aucune modification : une aigle
au vol abaissé est précisément la même chose qu’une aigle au vol levé ; seulement,
la première est un type moyenâgeux et l’autre un type moderne. Aux premiers temps,
on représentant toute aigle avec les ailes retournées en bas et dans les temps postérieurs
on se plaisait à les diriger vers le chef de l’écu. La seule condition était que
cela devait toujours rester une aigle, qu’il n’aurait pas été permis d’en faire
un lion ou quelque autre emblème, tout à fait différent et que le tout devait être
traité en style ornemental.
La même liberté d’exécution doit régner à l’égard des tenants et supports. Qu’un
griffon porte la queue relevée ou bien passée entre ses jambes, qu’un sauvage appuie
sa massue sur son épaule ou la fasse reposer sur le sol, que ces figures se regardent
ou bien retournent la tête, qu’elles soient posées sur une arabesque ou sur une
terrasse, tout cela est au fond chose indifférente, ou plutôt affaire de goût, ce
qui s’applique également aux couleurs qu’on voudra donner au listel qui porte une
devise et aux lettres dont celle-ci se compose. La preuve de ce que nous avançons
se trouve dans les représentations d’une même armoirie, faite à différentes époques.
Quand on est dans le cas de pouvoir faire ses études, comparatives, on se convaincra
aisément qu’aux bonnes époques nulle fixité n’était observée.
Nous n’avons indiqué les émaux des lambrequins et bourlets que lorsque ces émaux
différent de ceux de l’écu. Quand l’armoirie n’a que deux émaux ou deux principaux
émaux, bourlet et lambrequins sont de ses mêmes émaux, sauf quelques cas exceptionnels.